Musique 2

J'aime ce tableau.
(Je ne sais pas le nom du peintre, qu'il me pardonne.)
Pour des tas de raisons.
Les couleurs, la composition, ce qu'il me raconte...sa musique...
J'écoute http:// www.myspace.com/primaeval , j'aime aussi. surtout " Gladez ".
C'est surprenant comme certaines musiques nous accrochent sans en avoir l'air.
On n'y prête pas attention sur le moment, on les entend ou on les écoute et des années après, en les entendant à nouveau, on se retrouve projeté dans le passé.
Quand j'entends " Laisse tes mains sur mes hanches" de Salvatore Adamo, je me retrouve à l'âge de 8 ans sur la plage entre Sète et Agde, 14 km de sable, personne d'autre que mon frère, son copain et moi, je marche en ramassant des coquillages et je chantonne cette chanson . C'est le matin, ils jouent au foot et moi je suis les pieds dans l'eau, il y a une tonne de coquillages tous plus beaux les uns que les autres. Ce qui me revient avec cette chanson, c'est la transparence de l'air, le calme de l'eau, sensation que je retrouve dans les bords de mer de Lionel. Sensation d'être en attente, d'être au bord de la vie, de ce que j'aurai à vivre.
8 ans, on n'est rien encore, tout à découvrir, tout à faire, la vie devant soi. Un instant hors du temps qui revit avec cette chanson.
Temps béni, nous avions la mer pour nous tout seuls, au camping ( sommaire), il n'y avait que deux tentes au mois d'août, nous étions à deux cents mètres de la plage. Liberté, personne ne nous surveillait, nous ne craignions pas les psychopates, les pédophiles, les kidnappeurs de tout poil.
Deux ans plus tard, nous camperons sur la plage et moi je passerai mes plus belles vacances : dans l'eau dès le réveil, dans l'eau toute la journée, on ne voyait que mes pieds de temps à autre paraît-il, une vraie sirène.
J'aurais bien aimé me transformer en baleine et ne plus du tout sortir de l'eau.
Les années suivantes, le camping sauvage a été interdit et les gens ont commencé à affluer, il ne resta bientôt plus de place sur la plage et je n'y suis pas retournée depuis 1975, pas envie d'être déçue, je garde mes souvenirs en l'état.
Oui, époque de liberté, d'insouciance. Pour le 15 août, nous nous déguisions, nos amis qui habitaient là venaient nous chercher farinés, en fantômes, et nous étions une joyeuse bande de fêtards. Nous nous faisions des blagues, des tours pendards et nous en rions encore.
Pas nos parents, ils sont morts ou tellement vieux que leurs souvenirs se sont noyés dans la brume.
Et nous, les enfants, ne sommes plus tout jeunes non plus. Et ne nous voyons plus.
Mais la fillette de 8 ans qui passait un mois et demi dans l'eau de la Méditerranée n'a pas vieilli, elle se souvient du goût de l'eau, du mistral qui rendait l'eau froide, du plaisir d'aller avec juste un masque attraper des coquillages entiers au fond de l'eau, d'essayer d'apercevoir une petite pieuvre.
Plaisir d'aller loin, loin, hors de vue et d'enlever son maillot pour sentir la caresse de l'eau sur tout son corps et nager voluptueusement nue, le maillot accroché au bras, portée par les vaguelettes. Il fallait hélas se remailloter et revenir au bord.
Et cette année de camping sur la plage, nous nous endormions avec le bruit des vagues en berceuse. Inoubliable bonheur.
La musique réveille les souvenirs et j'en ai tellement. Elle ne réveille que les bons, les mauvais ne demandent pas à revenir.

Ascenscion
Peinture amérendienne
Artiste inconnu
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