A quoi ça sert?

Publié le par percepierre

solitude-autumn02.jpgQue cette chanson est triste... C'est ce que tu aimes écouter ces temps-ci?


A qoi ça sert de vivre seul?  Tout seul?

Deux choses différentes. 

Vivre seul par obligation. Et sombrer dans la dépression.

Vivre seul par choix.


Je préfère être seule que mal accompagnée.
Quand on commence à accepter sa propre nature, ce que l'on est, on n'est plus jamais seul.
" Serre-le bien fort dans tes bras
Le premier qui te sourira..."
Ils sont nombreux à me sourire, je les sers tous dans mes bras, toux ceux qui vivent près de moi, à la maison, au travail, dans la rue, à travers la toile...
J'ai beaucoup à leur offrir : ma joiue de vivre, mon écoute, mon sourire, mon pain et mes gâteaux, mon expérience, tout ce qu'il y a dans mes yeux...

La chanteuse dit: " à qui l'amour fait peur " : oui, bien des gens ont peur de l'amour comme certains ont peur de l'immensité d'un pré, du ciel, de la mer...
L'amour ne se réduit pas à ce qui se passe entre un homme et une femme ou entre les parents et leurs enfants.
L'amour est bien plus grand que ça.
L'amour est un état de l'âme, il apporte la joie , une joie qui ne s'en va jamais, c'est un état irréversible.
Le retour en arrière n'est pas programmé.
C'est un voyage permanent.
Un abandon total.
Lâcher prise.
Ouvrir la porte et plonger dans l'inconnu, avec confiance, avec délices...

Il y a trois ans, une amie m'a apoorté un livre. C'était des mots sur du connu.
J'ai pris des notes. Je vous les offre. Faites-en ce que vous voulez.

                          L'esprit de solitude       Jacqueline Kelen  


"Souffrir de la solitude, mauvais signe : je n'ai jamais souffert que de la multitude." 
F. Nietzche 
                                                                                             
La solitude est un état d'esprit.
Pour devenir soi et quelque peu libre, il faut marcher seul.

"Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux." Socrate

Tout humain pourvu de quelque conscience et quelque dignité devrait apprendre à bâtir sa solitude, à l'habiter avec agrément et aussi à la défendre contre tous les niveleurs de citadelle et rongeurs de liberté.

La vraie solitude est celle qui est à la fois remplie et légère, celle qui ouvre, qui rend disponible et relie.

Elle est à la fois le prix à payer et la récompense de notre liberté.

C'est une conscience qui sélève au-dessus des conditions et des besoins de survie élémentaire et qui envisage la mort, le destin et le sens de la vie.

La solitude représente l'épreuve majeure de l'existence humaine.

Ou bien je reste devant la porte à déplorer ou ressasser ou bien j'entr'ouvre la porte, je franchis le seuil et je découvre un espace inexploré, nouveau, en moi et autour de moi.

Si je vais du côté de la thérapie, de la cure psychanalytique, c'est pour ne plus souffrir, pour aller mieux ou "aller bien". Si je m'engage sur la voie initiatique, je ne cherche pas d'abord à rester indemne, en parfaite santé, c'est l'éveil de la conscience et l'expérience personnelle qu'y s'y attache qui se révèlent inestimables.
L'épreuve n'a pas pour sens la souffrance mais elle fait toucher en soi a des dimensions insoupsçonnées, elle permet d'acquérir ou de développer des qualités et des vertus telles que le courage, la patience, la force, l'endurance, la bienveillance et l'humilité...

La voie initiatique invite à une transformation intérieure qui enchantera le monde extérieur, qui le transfigurera.

L'ego est l'unique préoccupation de soi, arrogance, sérieux.
Le moi recherche la conservation de soi, la survie. Il se rallie au plus grand nombre, il est narcissique et grégaire.Il s'exprime dans les manifestations de masse.
Le je affirme sa différence, se dégage des conditionnements, s'élève au-dessus de la conscience commune. Il exerce son jugement et son libre-arbitre. Il se sent responsable.
Là où le moi revendique et réclame des droits, le je reconnaît des devoirs. Il se met en question, il est capable d'évoluer, de se transformer tandis que l'ego reste statique et le moi dépendant.

Ce je conscient et ouvert peut parvenir au je transcendant.

Celui qui a maîtrisé ou dissous son ego a pris des distances avec son moi se retrouve dès lors séparé d'un bon nombre de ses contemporains.
Cette distance qui s'est instaurée entre le foule etlui est invisible mais irréversible, elle se nomme conscience.

Cette solitude essentielle va dissiper les ombres et les tristesses des autres solitudes, celles-ci ne pourront jamis entamer la joie profonde de l'être solitaire.

Personne ne nous apprend à être seul.

Les êtres qui chérissent la solitude sont souvent considérés comme des mysanthropes.

Le solitaire est celui qui apprécie certains autres, qui fait preuve de sélection et cultive les affinités, qui célèbre une relation unique entre deux personnes, qui préfère la rencontre particulière.

Le véritable solitaire se passe de témoins, de courtisans et de disciples.

La solitude est une école de respect des autres et de la maîtrise de soi.
Le solitaire aime l'imprévisible.

Affronter la solitude revient à aborder sa propre peur, surtout la peur de mourir et à mesurer sa propre puissance.

La solitude enjoint de vivre avec courage, lucidité et attention.

La maturité commence lorsque l'individu se sent auteur et responsable de son existence.

Vivre solitaire renvoie toujours à son jugement personnel, à son intuition, à son esprit critique.

Le véritable solitaire se sent structuré et sait que ce qui sécurise tôt ou tard devient ce qui emprisonne.

Dans la solitude, je suis à la fois à l'écart et disponible.

Toute solitude a à voir avec l'insoumission, c'est une façon de lutter contre l'inertie sous toutes ses formes.

La solitude n'est pas l'équivalent de la liberté mais elle en fonde la possibilité.

A l'école, on devrait apprendre à développer l'esprit critique, l'humour, l'ironie, à se méfier de toute grégarité et de toute idôlatrie. A se respecter et à se défendre en cultivant son âme rétive.

Le chemin intérieur est toujours solitaire et ensoleillé. Il requiert vigilance de chaque instant. Pour voir et entendre les signes qu'offrent le ciel et la vie. Pour accepter ou saisir les cadeaux, les invitations, les mains tendues.

L'expérience de la solitude s'avère indispensable à tout être qui veut conquérir ou sauvegarder sa liberté.

Résister à la facilité comme à la résignation, demeurer discret sinon secret. Il faut un courage constant, une passion soutenue pour oser être soi, pour ne renier ni ses valeurs ni ses rêves.

Le talon d'Achille de tout individu est le besoin de reconnaissance.

Etre passé par la solitude permet de respecter l'autre, de l'apprécier et de ne pas le charger d'obligations diverses.

La solitude nous déleste des faux biens et nous rappelle notre condition éphémère qu'aucun argent ne viendra consoler. Elle nous renvoie à l'essentiel.

Le gouvernement de soi-même est une vigilance ouverte sur l'imprévisible, sur l'inattendu de vivre, sur la grâce des rencontres.

Le vrai rebelle a toute la vie, tous les livres devant lui, il ne se restreint ni à une philosophie ni à une stratégie.
C'est pour cela qu'il reste insaisissable: il n'est jamais prisonnier de ses idées.

La voie solitaire est par excellence voie nomade, avec la patience fervente, la précarité, la confiance, le questionnement vivace et l'effacement qui lui sont inhérents.

Le solitaire ne se sent jamais arrivé, ce qui le garde jeune et créateur. Il est passager clandestin.

L'intelligence sera toujours seule contre tous parce qu'elle cherche une ouverture toujours plus ample et non l'asservissement des autres.

La vie solitaire correspond toujours à une élévation, à une verticalité de l'être jusqu'à son envol.

Celui qui crée, comme celui qui vit en solitude, doit affronter deux écueils majeurs puis les dépasser :
  - le découragement
  - l'arrogance

Seuls les tempéraments mystiques, les caractères absolus sont capables de gratuité et n'attendent nulle approbation venue du monde : ils peuvent composer un poème sous les étoiles sans autre témoin, composer un mandala puis le disperser pour l'amour de l'amour, pour la beauté du geste.

La création est une tâche librement menée d'autant plus difficile qu'elle ne répond à aucune attente extérieure.Elle requiert une dose immense de foi en soi-même, de fermeté et de persévérance.

A qui demeure dans le silence, des voix intérieures font signe et des visages sourient.
La solitude offre à chacun le recul et le rassemblement des forces indispensables pour oeuvrer.

La solitude est un détachement qui mène a des débordements. Si elle ne fructifie pas, elle n'est qu'isolement.

Faire un, c'est être soi-même entier. Cette solitude est suffisante et plénitude. Elle donne la possibilité de rencontrer et d'aimer l'autre en toute liberté; de lui tendre la main sans devenir son maître ni son prisonnier.

La chance que nous offre l'amour consiste non pas à ne faire qu'un mais à devenir unique.

Les épousailles avec soi, dans le secret d'une solitude fertile, permettent une alliance avec l'autre qui ne portera pas atteinte à l'intégrité de chacun.

Beaucoup s'imaginent que l'amour va mettre fin à leur solitude alors que c'est la solitude qui permet l'éclosion et la durée de l'amour.

Aimer quelqu'un, c'est honorer sa solitude et s'en émerveiller.

L'expérience d'amour n'est pas appropriation mais sortie de soi.

Les amants courtois rappellent la valeur de la différence, le prix de la distance, l'inépuisable mystère de chacun.

L'intimité n'a rien à voir avec la familiarité ni avec la promiscuité.

Tout être profondément attiré par la vie solitaire se sent un coeur bien plus vaste, un coeur presque illimité.

Un solitaire est un être qui a le goût du secret et de la liberté avant toute chose et qui pratique le plus souvent le retour à soi.

On ne confondra pas non plus le détachement avec le mépris, l'indifférence ou la dureté de coeur.

De même que le véritable attachement se révèle liberté inouïe, enchantement renaissant, de même le vrai détachement conduit à être humble et passant sur la Terre, à ne rien posséder ou si peu, à ne rien savoir ou preque et il devient ainsi libération, allègement joyeux.

"Ne te laisse mettre en prison par aucune affection. Préserve ta solitude. Le jour viendra, s'il vient jamais où une véritable affection te serait donnée, il n'y aurait pas d'opposition entre ta solitude intérieure et l'amitié, au contraire. C'est même à ce signe infaillible que tu la reconnaîtras."

Les troubadours et les dames courtoises avaient inventé et chanté une relation unique où chacun des amants se savait solitaire en même temps qu'inséparables.

Ce n'est pas l'amour qui brise la solitude, c'est la solitude qui rend possible l'amour.

Le vrai solitaire n'a rien à perdre et ne cherche à rien posséder.

Une vie solitaire fait lâcher les illusions et les convoitises pour faire briller le noyau essentiel.

Quand vous êtes là, vous m'émerveillez et ce moment est unique mais quand vous partez, quand vous n'êtes pas là, vous ne m'enlevez rien, il ne me manque rien et ce moment aussi est unique."

Une solitude qu'on a choisie renouvelle le regard que l'on porte sur les autres et redonne à la moindre chose son prix.
Tout devient possible, surtout l'incroyable.

La solitude apprend à aimer, elle apprend aussi à poser un regard étonné et bienveillant sur les êtres et à respecter leur secret. Elle invite à la gratitude et à la louange.

Dès la petite enfance, on est aimé et protégé bien plus qu'on aime. Le chemin de la maturité conduit à aimer plus qu'à être aimé. Même sans rien recevoir en retour.

Un individu ne devient intéressant qu'à partir du jour où il s'enquiert d'aimer bien plus que d'être apprécié, choyé ou courtisé.

Celui qui aime n'est jamais seul. Même s'il est renié de tous.

La vie solitaire ressemble à un jardin fleuri : c'est un lieu d'affinités mais on peut s'y promener et s'y sentir heureux sans être accompagné.

La liberté est à l'intérieur, elle est l'apanage de l'être spirituel.

Je suis toujours plus seul que je ne le crois et bien moins seul que je ne pense.

Toute singularité mène à la fois à une séparation et à une éléction.

Celui qui se sentait délaissé se sait désormais attendu de toute éternité.

"Etre seul c'est être un étranger qui n'appartient à aucune religion, nation ou croyance, à aucun dogme. Etre seul est l'état d'une innocence que n'ont jamais atteint les méfaits commis par l'homme. C'est une innocence qui peut vivre dans le monde avec toutes ses confusions et pourtant ne pas y appartenir."    Krishnamurti.

La mission de l'homme sur la Terre consiste à faire émerger, à faire fleurir ce sacré en tous lieux, jusqu'à ce que la vie, le corps, le monde n'en soient plus dissociés.

Il ne s'agira pas de fuir la ville pour faire retraite à la campagne ou dans un désert, pour se cacher dans un monastère ou un ashram mais bien de porter dans la ville et en toutes contrées le silence que l'on a en soi et l'esprit de contemplation.

Ce n'est pas l'éloignement du monde ni le renoncement qui produisentl'éveil ou  l'illumination mais c'est l'éveil de l'esprit qui détache de de tous et de tout et qui provoque une irréversible solitude.

La solitude ressentie d'abord comme un état de déréliction, d'injustice, de pauvreté est précisément l'état qui permet le voyage vers le devant de l'être, qui fait se lever l'homme spirituel et apparaître l' Ange.

Faire confiance à son intuition profonde.

Le "peregrinus" se sent étranger sur cette Terre et entreprend le voyage vers sa véritable patrie alors que la plupart des hommes aménagent leur prison ou en jouissent.

Le délaissement ne consite pas à renoncer à ses biens, aux affections et consolations terrestres mais à renoncer à ce que l'on est, à perdre son identité, son nom, son désir spirituel.

Il y a en chacun de nous une solitude qui est ce que nous avon de plus précieux. Une solitude inaliénable, mlagnifique, qui est la solitude même de l'esprit. "




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