Rond

Bottero.
Son nom aussi est rond, comme les femmes qu'il peint.
J'aime ce qui est rond, la rondeur semble l'expression de la douceur, de la féminité, de la gourmandise, de la bonté...
Quoique, si l'on regarde ces femmes ... On dirait une réunion de jardinières amatrices avec chacune qui sa petite pelle, son petit râteau ou son tuyau d'arrosage.
Des dames bien inoffensives, et pourtant !!! elles se regardent de travers, elles ont l'air prêtes à se donner des coups de leurs outils miniature : l'une tient son tuyau comme un pistolet, l'autre son râteau comme une arme qu'utilisaient les personnages d'Alix. Et leurs visages...
De vraies viragos prêtes à en découdre au premier mot de travers.
" Tu n'es qu'une Lilianne! "
" Mais moi, je participe au marché de Noël ! "
Il ne manque que le mâle abasourdi, qui les regarde ahuri et se demande tout de même si c'est du lard ou du cochon, ou si, comme d'habitude, elles ne se paient pas sa tête?
Il se demande une fois de plus ce qu'il est venu faire dans cette galère, au milieu de ces trois femelles qui ne lui font aucun cadeau.
Dès qu'il ouvre la bouche, tsa, tsa, tsa, elle lui rabattent le caquet, elles le remettent à sa place, ziou, ziou, ziou, le font redescendre de son sommet imaginé qui n'est que la première marche du tabouret....
Mais tu sais bien qu'elles ne sont pas méchantes, elles te remettent la tête à l'endroit quand tu t'égares dans un conformisme trop rigide.
Et, avoue-le, ça te plaît bien de jouer le coq dans le poulailler.
Et puis tu sais si bien arrondir les angles.
Ce qui est rond ne blesse pas, ça se caresse, la courbe n'a pas d'arètes.
Bottero.
Tout est rond, les pots de fleurs, les troncs d'arbres, les nuages et le paysage de l'arrière-plan, les fleurs dans le pot, l'arrosoir, la courbure du tuyau, les coiffures, les chapeaux...
Sauf le feuillage qui semble un prolongement des râteaux-griffes avide de labourer toute cette chair généreuse.

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